Organisé par Émilie Stoll, Eugénie Denardaud, Liliana Motta, Aurore Duchemin

Une inscription est demandée aux participants avant le 7 octobre 2023 pour l'émission des badges d'accès et l'envoi du lien de la visioconférence : https://exorigins.hypotheses.org/2759

 

Les végétaux – sous forme de graines, de fruits, de plants – ont de tous temps voyagé au gré des circulations des différents collectifs du vivant, parmi lesquels les sociétés humaines. La dissémination des végétaux autour du monde par les humains a souvent accompagné les conquêtes – militaires, religieuses, économiques et à visées coloniales. Elle a même souvent été encouragée par des politiques d’accaparement des savoirs et des savoir-faire techniques, à l’exemple de celles qui sont à l’origine des grandes explorations naturalistes réalisées par les puissances coloniales. Les sociétés d’accueil de ces végétaux se les sont appropriés et ont créé, à leur tour, de nouveaux discours, et mis au point de nouvelles techniques pour les façonner à leur image. De fait, les patrimoines culinaires et paysagers que nous connaissons aujourd’hui sont le résultat de ces circulations végétales intensives. Cette mise en ordre du monde végétal par les sociétés d’accueil s’est accompagnée d’un traitement cognitif des Autres et des Ailleurs, c’est-à-dire de production d’altérités.

Ce colloque propose de poser un regard sur quelques trajectoires de végétaux et les altérités qu’elles construisent, pour les mettre en perspective avec les débats actuels sur les grands enjeux migratoires et écologiques contemporains. A l’heure des dérèglements climatiques, des pandémies, de l’afflux toujours plus important de migrants et d’un mouvement de contraction des circulations à l’échelle globale ; associé à une augmentation des restrictions aux frontières, de nouveaux discours sur l’altérité émergent. Parmi ceux-ci, la question de l’identité et du statut des plantes s’impose à nous de façon évidente.

Lors de ce colloque, nous proposerons une réflexion en deux temps : le premier jour, nous mettrons en lumière la façon dont la circulation des végétaux et la construction de l’altérité se donnent à voir dans nos sociétés, à l’ère de l’anthropocène, où les plantes sont considérées comme des objets ou de simples marchandises que les humains peuvent déplacer et dont ils peuvent disposer.

Le second jour, nous inverserons la perspective, pour proposer un regard et une base de réflexion sur la façon dont les végétaux peuvent être les sujets et les acteurs des processus migratoires et écologiques actuels.

Ces deux journées seront rythmées par les présentations des membres de l’équipe et des discussions sous forme de table-ronde, avec des invités externes, spécialistes des thèmes abordés. Des projections vidéos viendront ponctuer la programmation.

 

Le programme en pdf :

Publié le : 25/09/2023 13:45 - Mis à jour le : 25/09/2023 15:31